Le texte ci -dessous parle de mon père et de toute la peine que je ressens depuis trop longtemps.
Tu n'as jamais rien compris, jamais. Ni mon besoin d'amour inassouvie, ni ma haine, ni ma douleur, ni même ma souffrance. Pourtant, c'était a toi de me comprendre, c'était a toi de me rassurer, à toi de sécher mes larmes. Oui mon vieux, c'était à toi de me sortir de mes idées noires, de ne pas me laisser plonger dans une haine des plus humaines, dans une haine des plus rudes. Oui, et toi, toi tu n'es bon qu'a me répéter sans cesse que je ne suis pas la fille dont tu rêvais, que je ne suis qu'une ado passant sa vie devant son putain de PC. Alors quoi, hein ? Oui, oui je suis une espèce d'adolescente. Mais pas une rebelle, pas une de ces ados qui fument ou boivent, pas une de ces près-pubertes adulant des stars pré fabriquées, pas une groupie ni une emo. Pas une pimbèche, ni une allumeuse. Non, je ne suis rien de tout ça. Et toi, toi tu trouve encore et encore des prétextes à ton courroux sans limite, tu trouves encore des raisons à ta colère futile. Tu trouves toujours de bonnes excuses pour m'infliger tes reproches et tes moqueries. Oui, toujours. Mais c'est fini, oui, c'est bel et bien fini toute cette perversion, toute cette aversion. Fini ton harcèlement moral, fini tes humiliations, tes sourires mesquins, fini ta souffrance, fini la mienne. Tu me déteste, je te déteste, on se déteste. C'est comme ça, ni toi ni moi n'y pouvons quelque chose. Hm, crois-tu vraiment normal qu'un tel dégout me submerge quand je sens ta peau frôler la mienne ? Crois-tu que toute cette souffrance gratuite est vraiment utile ? Non. Biensur que non. Mais c'est plus fort que toi, il faut que tu vois le chagrin sur mon visage, les larmes couler sur mes joues. Sinon ton bonheur n'est pas total, et ma douleur pas complète. Mais, oui, tu sais maintenant, tu sais que j'ai passé l'age de souffir en silence, que désormais j'ose te tenir tête et hurler. Oui, car moi aussi je sais hurler, frapper, cogner. Moi aussi je sais dominer, moi aussi je sais te remettre à ta place. Tu sais, je n'ai jamais réussi a t'appeler papa, non, jamais. T'appeler papa ce serait accepter d'être la fille d'un monstre, ce serait obéir à une hierarchie inverse, à une monarchie sans limites. Alors non. Non non non. Tu n'es pas mon père. Tu n'es qu'un spermatozoide, elle n'est qu'un ovule, et je ne suis qu'une fusion maladroite. Alors, finalement, nous ne sommes tous que des rencontres hasardeuses, nous ne sommes qu'une vulgère fusion à échelle réduite, nous ne sommes qu'un tas de cellules et d'atomes. Alors après tout, j'ai le droit de te détester, toi, mon paternel. Toi, le spermatozoide. Oui, j'ai le droit de jouer, moi aussi, a ton petit jeu pueril, moi aussi je veux pouvoir participer à cette bataille, à ce duel, à ce conflit continuel. Je te déteste, pervers.